C’est la mésaventure de l’année pour Gilbert, 54 ans, fan absolu de la diva québécoise. Victime d’une faute de frappe sur un site de revente moldave, ce comptable de Châteauroux a troqué les envolées lyriques de « My Heart Will Go On » contre les envolées beaucoup moins romantiques de la « Convention Céline Fion », un salon réservé aux adultes dans une zone industrielle de la banlieue de Charleroi.
C’est la mésaventure de l’année pour Gilbert, 54 ans, fan absolu de la diva québécoise. Victime d’une faute de frappe sur un site de revente moldave, ce comptable de Châteauroux a troqué les envolées lyriques de « My Heart Will Go On » contre les envolées beaucoup moins romantiques de la « Convention Céline Fion », un salon réservé aux adultes dans une zone industrielle de la banlieue de Charleroi.
Gilbert est encore sous le choc. Dimanche dernier, vêtu de son plus beau t-shirt à l’effigie de l’album D’eux, il s’attendait à vivre un moment de communion spirituelle avec Céline Dion. « J’ai payé 450 euros sur le site ‘https://www.google.com/search?q=BilletPasCher-Vrai-Promis.com’ », explique-t-il en réajustant ses lunettes. « Je trouvais ça bizarre que le concert ait lieu derrière un entrepôt de pneus, mais avec Céline, on s’attend toujours à une mise en scène audacieuse. »
« J'ai cru que c'était une version moderne de Starmania »
Dès l'entrée, les premiers doutes s'installent. Au lieu du merchandising habituel, Gilbert est accueilli par une hôtesse en latex nommée « La Grande Prêtresse du Cuir ».
« Quand j’ai vu les fouets et les menottes au stand de bienvenue, j’ai naïvement cru que Céline faisait une rétrospective sur sa période rock ou un hommage à Jean-Jacques Goldman un peu osé », confesse-t-il, la voix tremblante.
Le malaise atteint son paroxysme lorsque Gilbert s'installe au premier rang pour ce qu’il croit être le lever de rideau. Au lieu de voir apparaître la star internationale descendant d'une plateforme hydraulique, il voit surgir Céline Fion, une performeuse de cabaret érotique spécialisée dans le « burlesque extrême ».
« Pour que tu m'aimes encore »... littéralement
Le spectacle commence. Pas d’orchestre symphonique, mais une musique techno-industrielle à 140 BPM. Gilbert attend désespérément les premières notes de « S’il suffisait d’aimer ». À la place, il assiste à une démonstration de « bondage synchronisé » sur un remix douteux de « J’irai où tu iras ».
« Quand elle a commencé à utiliser un porte-voix pour hurler des consignes de sécurité en allemand tout en étant suspendue par les pieds, j’ai compris que ce n’était pas René qui avait validé la direction artistique », soupire Gilbert.
Un malentendu qui coûte cher
Malgré l’évidence, Gilbert est resté jusqu’à la fin. « Par politesse », assure-t-il. « Et aussi parce qu’on m’avait confisqué mes chaussures à l’entrée pour les remplacer par des palmes en vinyle. » De son côté, l’organisateur de la convention « Céline Fion » se frotte les mains : « On a eu un pic de fréquentation de 12% cette année, essentiellement des quinquagénaires avec des t-shirts de l’Eurovision qui avaient l’air très perdus. On envisage de renommer l’édition 2027 : ‘Lara Fabianne et son Donjon’. »
Gilbert, lui, a décidé de porter plainte, mais le site moldave a déjà fermé pour ouvrir une nouvelle plateforme de billetterie : « Les Frères Taloche dans votre baignoire ». Soyez vigilants.