PARIS — Le 18 juin est une date historique, gravée dans le marbre de la mémoire nationale. Mais cette année, la commémoration a pris une tournure inattendue au pied de la statue de Winston Churchill. Vers 18h, un groupe de 200 personnes, toutes munies de feuilles à rouler et de briquets, s'est rassemblé pour répondre à ce qu'ils croyaient être « l'Appel du 18 Joins ».
À l'origine de cette mobilisation massive sur les réseaux sociaux : une confusion phonétique d'un organisateur un peu trop pressé, un certain Kévin, 24 ans, fan de détente et très peu porté sur l'histoire contemporaine.
« Je pensais que c’était une célébration de la décontraction »
« J'avais vu le hashtag tourner toute la journée. Je me suis dit : "C'est sympa, le gouvernement encourage enfin les gens à relâcher la pression après une année stressante" », explique Kévin, encore en train d'essayer de dissimuler son pétard alors que les forces de l'ordre s'approchent. « Le texte disait : "Il faut résister !" et je me suis dit que résister à la fatigue, c'est noble. »
Le rassemblement, qui se voulait une "immense zone de libre-échange de la bonne humeur", a rapidement tourné au surréalisme lorsqu'un historien, venu déposer une gerbe de fleurs en hommage au Général de Gaulle, s'est retrouvé face à une foule chantant des hymnes au milieu d'un nuage suspect.
Le Ministère de la Mémoire très embarrassé
Du côté des autorités, on oscille entre consternation et fou rire étouffé. « Nous avons cru à une opération de désinformation étrangère », confie une source proche du dossier. « Mais quand nous avons entendu les organisateurs scander "La résistance commence par une petite taffe", nous avons compris qu'il s'agissait d'un simple problème d'orthographe et de culture générale. »
La cérémonie officielle a dû être décalée de trente minutes, le temps que la police disperse la foule qui, dans un élan de fraternité, proposait aux militaires présents de « se poser pour décompresser ».
Vers un « 18 Juin » en deux temps ?
Face à cet engouement inattendu, une pétition circule déjà pour instaurer une « Journée nationale de la détente » le 18 juin, afin, selon les signataires, de « mieux supporter les discours officiels ».
De son côté, le jeune Kévin ne regrette rien : « On a raté l'histoire, mais on a passé un super moment. Churchill ? Je crois qu'il aurait compris. Il fumait bien des cigares, non ? »